D’où vient le mot « Bossales »?
On appelait « beaux sales » ou « peaux sales » les esclaves qui arrivaient d’Afrique par bateau dans la baie de Port-au-Prince.
Par contre, les esclaves qui se trouvaient déjà sur l’île, on les appelaient « créole » c’est-à-dire « local ». Bossales ou « beaussale« , est donc la prononciation distorsionnée de « peau sale « .
Le plus grand marché de l’Amérique
Au 18ème siècle, c’était le plus grand marché commercial de l’île de Saint Domingue et de l’Amérique. Pendant 3 siècles environ, plus de 20 millions d’africains sont capturés et emmenés de force pour y être vendu comme du bétail.
Les prix de vente variaient entre 40 et $1000 pièces par tête selon le physique de l’esclave. Des pays comme l’Angleterre et la France ont pu faire leur révolution industrielle à partir du capital ainsi accumulé.
Etant donné que l’île de Saint-Domingue était un grand producteur de café, de tabac et de sucre, la croix-des-bossales fut le plus grand marché de ravitaillement et d’échange à l’époque.
Plus ancien et le plus grand marché populaire du pays, « la Croix-des-Bossales est un patrimoine vivant, tangible, c’est-à-dire qu’il est visible aux yeux de tous, déclare l’historien Émile Paul. Il y avait même un cimetière à cet endroit à l’époque. On y enterrait les esclaves qui n’avaient pas survécu à la traversée, étaient morts soit de faim, ou qui s’étaient suicidés », explique Paul.
La Croix-des-bossales renferme une charge historique et mémorielle aussi forte que l’île de Gorée, au Sénégal, où les esclaves attendaient leur embarquement vers l’Amérique, et pour beaucoup vers ce port marchand. Au regard de tout cela, beaucoup, dont des anthropologues et des historiens comme Émile Paul, estiment qu’il est important que les autorités l’officialisent comme patrimoine, ce qui n’est pas encore fait. Il en est de même pour le centre-ville de Port-au-Prince, qui participe à l’ensemble de ces espaces historiques.
Malgré son importance, Croix-des-Bossales ne figure pas dans la liste des priorités des autorités haitiens. « C’était un port colonial, un patrimoine qui rappelle notre histoire comme peuple, qui commence avec l’importation des Noirs, continue Paul. Avant même d’arriver dans les champs, après des mois en mer, la Croix-des-Bossales constituait le premier contact des esclaves avec l’Amérique », explique-t-il.
Aujourd'hui, nous ne pouvons plus parler de Croix des bossales, mais Plutôt ''croix des bandits.''
Négligée et abandonnée par l’état haïtien, la croix des bossales est occupée depuis plusieurs mois par des hommes armés. Ce qui plonge beaucoup de malheureux ravitailleurs dans le désespoir. Les autorités n’ont même pas pensé à récupérer cet espace qui représentait autrefois un atout majeur pour la population haïtienne .


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